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Les premiers à intervenir, les derniers à être financés : un nouveau rapport sur le financement des risques de catastrophe mené au niveau local

Par GNDR
15 juillet 2026

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GNDR et le Centre for Disaster Protection publient une nouvelle étude qui s'appuie directement sur les connaissances et l'expérience du réseau de GNDR pour montrer comment les financements préétablis parviennent – ou ne parviennent pas – aux organisations qui interviennent en première ligne en cas de catastrophe.

Les organisations locales sont toujours les premières à intervenir lorsqu'une catastrophe survient. Ce rapport présente leur témoignage sur ce que cela implique concrètement, les obstacles auxquels elles se heurtent pour accéder au financement, et ce qui doit changer, selon leurs propres mots.

« L’accès au financement des risques de catastrophe pour les acteurs locaux de première ligne », publié aujourd’hui par GNDR en partenariat avec le Centre for Disaster Protection, s’appuie sur les réponses à une enquête menée auprès des membres de GNDR à travers le monde. Plutôt que de proposer une évaluation externe des acteurs locaux, il met en avant leur expertise directe : celle d’organisations chargées de la gestion des risques de catastrophe au sein de leurs propres communautés, qui décrivent les systèmes de financement auxquels elles sont confrontées au quotidien.

Les résultats mettent en évidence un écart manifeste entre la compréhension théorique et l’expérience concrète. Près de 90 % des membres ont déclaré qu’un financement préétabli pourrait réduire les obstacles au financement, principalement grâce à une réponse plus rapide, à des ressources plus prévisibles et à une implication plus précoce des acteurs locaux. Cependant, l’accès à ces mécanismes reste concentré au sommet de la hiérarchie : les organisations locales se voient largement cantonnées à des rôles de consultation ou de mise en œuvre, sans avoir guère leur mot à dire sur la prise de décision, la conception des critères de déclenchement ou le contrôle financier.

Le rapport fait également état d’une pression financière croissante dans l’ensemble du secteur. Plus des trois quarts des membres ont déclaré être déjà touchés, ou s'attendre à l'être, par les coupes dans l'aide internationale – les organisations locales et nationales étant les plus durement touchées, compte tenu de leurs réserves financières plus limitées. Cette pression contraste avec une autre constatation : deux tiers des membres estiment que les OSC locales offrent une réponse aux catastrophes plus rentable, en invoquant leur proximité avec les communautés, leur connaissance du contexte et leurs frais généraux moins élevés. Selon le rapport, la valeur et le financement évoluent dans des directions opposées.

Moins d'une organisation sur dix parmi celles interrogées peut accéder à un financement immédiatement après un choc. Et plus de 80 % d'entre elles interviennent dans des contextes de fragilité, où elles sont souvent les seuls acteurs capables d'atteindre des communautés auxquelles les autres ne peuvent pas venir en aide, que ce soit pour des raisons de sécurité ou pour des raisons pratiques.

C'est l'accès, et non les capacités, qui constitue le principal obstacle auquel sont confrontés les acteurs locaux. La complexité des demandes, les critères d'éligibilité restrictifs, les lourdes contraintes de mise en conformité et la dépendance vis-à-vis des intermédiaires sont autant de facteurs qui empêchent les organisations de terrain d'accéder aux aides – et non un manque de compétences techniques ou analytiques de leur part.

Télécharger le rapport

Sept recommandations

Le rapport formule sept recommandations à l'intention des bailleurs de fonds, des donateurs et des gouvernements afin d'associer de manière plus significative les acteurs locaux aux mécanismes de financement préétablis :

  • Des partenariats fondés sur la volonté, et non sur l'opportunisme — associer les organisations de la société civile locales et nationales à la gouvernance, à la conception et à la prise de décision concernant les financements préétablis, et pas seulement à la consultation des communautés
  • Un ciment pour un système fracturé — utiliser les financements déjà prévus pour mettre en place une gestion cohérente et globale des risques de catastrophe, plutôt que des programmes fragmentés et cloisonnés
  • Renforcement des capacités : lacune ou piège ? — mettre en œuvre le renforcement des capacités là où il est apprécié, mais cesser de l’utiliser comme condition préalable au financement ou à la mise en œuvre
  • Priorité à la fragilité — donner la priorité aux financements participatifs préétablis dans les contextes de fragilité et de conflit, où les acteurs locaux sont souvent les seuls à pouvoir intervenir
  • Un dialogue — considérer la préparation des financements comme une occasion de rééquilibrer les rapports de force, en faisant en sorte que les organisations de la société civile soient présentes dans les instances où se prennent les décisions
  • Partage des risques, et non transfert des risques — simplifier les exigences en matière de conformité et de mise en œuvre qui favorisent actuellement les grandes organisations disposant de ressources importantes
  • Un multiplicateur d'efficacité — reconnaître que le financement direct des acteurs locaux n’est pas seulement équitable, mais aussi plus rentable, à l’heure où les budgets consacrés à l’aide sont en baisse

En résumé

La conclusion du rapport est sans appel : ceux qui sont les plus exposés aux risques restent les moins à même d’accéder aux financements nécessaires pour y faire face. Les organisations de la société civile locales et nationales font systématiquement preuve de la capacité, de la confiance et de la connaissance du contexte nécessaires pour agir rapidement et efficacement, mais elles restent structurellement exclues des systèmes de financement, qui sont réactifs, centralisés et dominés par des intermédiaires.

Il appelle les décideurs politiques, les bailleurs de fonds et les acteurs de terrain à agir en fonction de ces données. Les ressources doivent être mobilisées au plus près des zones à risque avant que les catastrophes ne surviennent, afin que les premiers intervenants ne soient plus les derniers à bénéficier d'un financement.

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Pour en savoir plus sur le Centre pour la protection contre les catastrophes, inscrivez-vous à sa lettre d'information, The Dispatch.

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