ASB (Arbeiter-Samariter-Bund) est une organisation allemande de réduction des risques de catastrophes (RRC) et d'intervention humanitaire qui opère dans les régions suivantes Asie du Sud et du Sud-Est. Depuis 2006, ASB travaille en Indonésie, avant de s'étendre aux Philippines, au Bangladesh, au Népal et au Bhoutan. Cofondateur de Réseau de réduction des risques de catastrophes incluant le handicap (DiDRRN)ASB défend l'inclusion du handicap dans tous les domaines de la résilience, de la réduction des risques de catastrophe et de l'action climatique à la réponse humanitaire.
Nous nous sommes entretenus avec Chrysant Lily Kusumowarodyo, directrice régionale d'ASB pour l'Asie du Sud et du Sud-Est, afin d'en savoir plus sur leur parcours pour devenir un leader de la RRC incluant le handicap et sur la manière dont les partenariats avec les organisations de personnes handicapées (OPD) contribuent à redéfinir ce à quoi ressemble la résilience inclusive dans la pratique.
Pouvez-vous présenter ASB à notre réseau ? Quelle est la mission de votre organisation et quelles sont les questions sur lesquelles vous vous concentrez le plus ?
ASB (Arbeiter-Samariter-Bund) est une organisation allemande de RRC et de réponse humanitaire. Nous travaillons en Asie du Sud et du Sud-Est depuis près de vingt ans : en Indonésie depuis 2006, aux Philippines depuis 2014, et au Bangladesh, au Népal et au Bhoutan depuis 2017. Notre mission est de rendre la gestion des risques de catastrophe, le développement socio-économique, l'action climatique et la réponse humanitaire équitables et inclusifs. Nous sommes fiers d'avoir cofondé le réseau Disability-inclusive Disaster Risk Reduction Network (DiDRRN) en 2012, avec d'autres organisations partageant les mêmes idées, afin de faire progresser le plaidoyer basé sur la pratique dans le domaine de la DiDRR. Tout ce que nous faisons est guidé par un engagement fort en faveur de l'équité sociale : Veiller à ce que les personnes handicapées non seulement participent aux processus de RRC et d'aide humanitaire, mais qu'elles y jouent un rôle de premier plan. Nous pensons que la résilience n'est possible que lorsque tout le monde, en particulier les plus marginalisés, est inclus de manière significative.
Quelle est l'approche d'ASB en matière de réduction des risques de catastrophes et de travail humanitaire ? Y a-t-il des principes ou des valeurs qui guident vos programmes ?
Notre approche repose sur une vérité simple : une réduction des risques de catastrophe efficace doit inclure les personnes handicapées.
Cette prise de conscience est intervenue très tôt dans notre parcours. En 2007, lors d'un programme Safe Schools à grande échelle en Indonésie, un enseignant nous a dit que ses élèves aveugles ne pouvaient pas accéder à notre matériel d'éducation aux catastrophes. Ce moment a tout changé. Nous avons réalisé qu'en promouvant la sécurité, nous excluions involontairement certaines personnes. À partir de ce moment-là, l'inclusion est devenue non négociable pour nous.
Depuis, nous nous sommes associés à des organisations de personnes handicapées (OPD) pour veiller à ce que l'inclusion soit intégrée dès le départ, et non pas ajoutée par la suite. Pour guider notre travail, nous appliquons ce que nous appelons les "cinq impératifs de l'inclusion" :
- Identification. Travailler avec les communautés et les OPD pour identifier et cartographier les personnes handicapées afin que personne ne soit invisible dans la planification des catastrophes.
- Accessibilité : Éliminer les obstacles physiques, informationnels et comportementaux grâce à des alertes précoces, des points d'évacuation et des outils de communication inclusifs.
- Renforcement des capacités. Renforcer la capacité et la confiance des OPD à diriger grâce à la formation et au développement organisationnel.
- Une participation significative. Partager le pouvoir et inclure les OPD à chaque étape, de la conception à la mise en œuvre, au suivi et au dialogue politique, afin qu'ils passent du statut de bénéficiaires à celui de partenaires actifs.
- Respect des droits. S'aligner sur les cadres mondiaux tels que la CDPH, le cadre de Sendai et les ODD pour intégrer l'inclusion dans les lois, les budgets et la gouvernance.
Ces principes ne sont pas une liste de contrôle, ce sont des valeurs qui nous animent. Comme nous le disons souvent, "L'inclusion rend la RRC plus intelligente, plus juste et plus durable.
