IDDRR
Bangladesh : Financer la résilience des communautés
La Fondation Barokupot Ganochetona (BGF) montre comment le financement local de la réduction des risques de catastrophe permet aux communautés les plus marginalisées de la ceinture côtière du Bangladesh de se prendre en charge.
ORGANISATION
Fondation Barokupot Ganochetona
LIEU
Shyamnagar Upazila, district de Satkhira, Bangladesh
Définir le contexte
La ceinture côtière du sud-ouest du Bangladesh, à la lisière des Sundarbans, est l'une des régions les plus vulnérables au climat dans le monde. Ici, les fréquents super cyclones tels que Ayla, Amphan (2020) et Remal (2023) ont déplacé des milliers de personnes, érodé les moyens de subsistance et aggravé la pauvreté. Les groupes marginalisés - les communautés indigènes Munda, les populations Dalit, les minorités religieuses, les familles déplacées et les ménages dirigés par des femmes - restent en première ligne face à ces catastrophes, mais leur accès aux ressources financières pour le relèvement est extrêmement limité.
La Fondation Barokupot Ganochetona (BGF), une organisation humanitaire dirigée par des femmes dalits et handicapées, travaille depuis près de trois décennies dans ce contexte fragile. En 2023-24, avec le soutien du NEAR Change Fund, BGF a lancé le Climate Adaptation and Recovery Project dans cinq unions de Shyamnagar, visant à remédier aux pertes et dommages par une assistance financière directe et des mesures de renforcement de la résilience.
Le projet : financement localisé de la RRC
Dans le cadre de cette initiative :
- 150 familles touchées par le cyclone ont reçu 15 000 BDT chacune pour réparer leurs maisons endommagées, ce qui leur assure un abri plus sûr avant la prochaine mousson.
- 60 petits exploitants agricoles et pêcheurs ont reçu 30 000 BDT de subventions en espèces pour rétablir leurs moyens de subsistance, évitant ainsi l'endettement à long terme et la migration.
- Des réservoirs d'eau de 2 000 litres ont été distribués aux familles vulnérables afin de leur fournir de l'eau potable, tandis que des étangs ont été réexplorés et des digues ont été élevées pour protéger les sources d'eau de la communauté.
- 30 écoles et abris anticycloniques ont été revitalisés par la plantation d'arbres et des réparations de base, créant ainsi des centres communautaires plus verts, plus sûrs et plus fonctionnels en cas de catastrophe.
Dans le même temps, BGF s'est associé à la Société du Croissant-Rouge du Bangladesh et au Shelter Cluster pour renforcer la diffusion des alertes précoces dans trois unions insulaires éloignées (Padmapukur, Burigoalini et Gabura). Cet effort commun a permis d'améliorer la préparation des communautés et de réduire les délais d'évacuation lors des alertes cycloniques.
Une histoire se démarque : Sita Rani, une femme dalit veuve de Burigoalini, a perdu sa maison et son élevage de crevettes lors du cyclone Remal. Grâce à l'aide financière de BGF, elle a reconstruit sa hutte et acheté des filets pour reprendre la pêche à petite échelle. Aujourd'hui, non seulement elle subvient aux besoins de ses deux enfants, mais elle contribue également au groupe local de femmes qui plaide en faveur d'un meilleur financement des catastrophes au niveau de l'union parishad.
Impact dans la communauté
Ce cas illustre comment un financement localisé de la RRC - fourni rapidement, de manière transparente et avec la participation de la communauté - peut faire la différence entre des souffrances prolongées et un rétablissement rapide. Au lieu de dépendre uniquement de l'aide extérieure, les familles ont pu décider de leurs propres priorités en matière de relèvement.
Principaux enseignements
Les principales leçons que nous tirons de ce travail sont les suivantes :
- Les financements localisés sont plus efficaces lorsqu'ils atteignent directement les ménages marginalisés, avec souplesse et dignité.
- Les partenariats avec les autorités locales et les clusters renforcent la responsabilité et garantissent la durabilité des mesures de préparation aux catastrophes.
- Investir dans des organisations de base dirigées par des femmes permet de faire entendre la voix des groupes les plus exclus et d'acheminer efficacement les fonds là où ils sont le plus nécessaires.
Une portée plus large
L'expérience de BGF réaffirme le thème de l'IDDRR 2025 : "Financer la résilience, pas les catastrophes". Si les communautés de donateurs, les gouvernements et les mécanismes de financement mondiaux investissent plus systématiquement dans la résilience pré-catastrophe et le financement local, alors les coûts humains et économiques dévastateurs des cyclones, des inondations et des vagues de chaleur peuvent être considérablement réduits.
En tant qu'organisation de première ligne dirigée par des femmes, BGF s'engage à amplifier les voix des communautés, à documenter les pertes et les dommages et à plaider en faveur de la justice climatique aux niveaux national et mondial. Financer la résilience n'est pas de la charité - c'est de la justice pour ceux qui contribuent le moins à la crise climatique mais qui en subissent les conséquences les plus graves.
En cette Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, le GNDR appelle les gouvernements, les bailleurs de fonds, le secteur privé et les institutions financières à donner la priorité au financement de la résilience, et pas seulement au financement des catastrophes lorsqu'elles surviennent.
Toutes les photos : IMF Photo/K M Asad