IDDRR
RDC : Résilience aux inondations grâce à l'alerte précoce
Le projet d'alerte précoce de la DJPDI permet aux communautés de Masisi et de Goma d'anticiper les inondations, de réduire les risques et de renforcer la résilience grâce à une formation inclusive, des outils et une collaboration locale.
ORGANISATION
DJPDI Asbl
LIEU
Territoire de Masisi et ville de Goma, province du Nord-Kivu, RDC
Protéger les communautés par l'alerte précoce et l'action locale
La République démocratique du Congo est confrontée à une crise humanitaire et sécuritaire complexe. À Goma, le conflit en cours entre les groupes armés et les forces gouvernementales a provoqué des déplacements de population, la destruction des infrastructures et une insécurité généralisée. La ville connaît également une épidémie de choléra, ce qui aggrave la vulnérabilité de sa population, en particulier des jeunes, des personnes handicapées et des femmes enceintes.
Historiquement, l'absence de systèmes d'alerte précoce efficaces a laissé les communautés mal préparées aux catastrophes naturelles telles que les inondations, entraînant des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et des perturbations économiques. Les jeunes risquent d'être recrutés par des groupes armés, tandis que les personnes handicapées sont confrontées à des difficultés particulières dans les situations d'urgence.
Renforcer les capacités d'anticipation
Pour faire face à ces risques, la DJPDI a organisé des ateliers de renforcement des capacités pour les fonctionnaires locaux, les représentants de la jeunesse et les membres de la société civile, en mettant l'accent sur les systèmes d'alerte précoce et les plans d'urgence du gouvernement pour les catastrophes naturelles à Goma. Les communautés ont reçu des outils pratiques pour la prévention des risques, tandis que des campagnes de sensibilisation ont renforcé les canaux de communication et la préparation des communautés.
Impact tangible
Le projet a transformé la compréhension locale des risques de catastrophe : les communautés surveillent désormais les risques environnementaux, anticipent les inondations et prennent des mesures préventives. La connaissance de l'évaluation des risques et des protocoles locaux d'alerte précoce s'est améliorée, et la confiance dans les autorités émettrices d'alertes s'est accrue. Comme l'ont dit les habitants :
"Nous avons vu les terribles pluies détruire nos maisons et nos champs, emporter toutes nos récoltes, et nous avons été contraints de déménager". - Dusabe, 50 ans
"Cette région est une véritable épreuve de conflits armés chaque année, ce qui nous oblige à nous déplacer. Les conflits ici sont aussi parfois causés par des problèmes climatiques, mais c'est notre terre et nous sommes obligés de nous adapter." - Jonas, 37 ans
Bien que certaines communautés vulnérables ne soient toujours pas couvertes, le projet a renforcé la résilience, réduit les pertes humaines et économiques potentielles et favorisé la capacité locale à réagir de manière proactive.
Les clés de la réussite
L'efficacité du projet repose sur l'inclusivité, la planification participative et la forte coordination entre les parties prenantes et les communautés. L'engagement local à chaque étape - de la planification à la formation et à la mise en œuvre - a été essentiel, garantissant que le système réponde aux besoins de la communauté et puisse être reproduit ailleurs. Le partage d'informations et la collaboration continue avec les autorités ont renforcé la confiance et la responsabilité.
Vue d'ensemble
Le système d'alerte précoce mis en place à Masisi et à Goma montre comment des approches inclusives et dirigées par les communautés peuvent transformer la préparation aux catastrophes. Les communautés savent désormais comment identifier les risques, agir avant que les catastrophes ne frappent et collaborer avec les autorités locales pour minimiser les dommages. Ce modèle offre un exemple reproductible d'une résilience efficace, prise en charge localement, dans les zones touchées par les conflits et exposées aux aléas.
En cette Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, le GNDR appelle les gouvernements, les bailleurs de fonds, le secteur privé et les institutions financières à donner la priorité au financement de la résilience, et pas seulement au financement des catastrophes lorsqu'elles surviennent.
Toutes les photos : DJPDI Asbl